BIOGRAPHIE professionnelle d’alain dellapina, né à Nice 1946

Un cheminement laborieux pour ce métier à travers mon propre parcours :

 

Recruté à la sortie d’études effectuées par correspondance ( ETMS Paris ) après un simple CAP de ferronnier d’art et un BEI de charpente métallique, entrecoupées du service militaire, à l’équipe de ski du 15/9 de Briançon .., math sup, cours poussés de résistance des matériaux, plus un cursus en faculté pour acquérir un certificat délivré par le CNAM.

 

Modestement paré avec toutefois de solides bases techniques, j’ai eu la chance de pouvoir postuler sur un chantier gigantesque chez SAE (1971) pour le nouveau siège d’IBM.

 

Sans l’être encore dans cette étape, j’avais déjà l’âme laborieuse d’un métreur-vérificateur.

Le déroulement en continue de cet extraordinaire chantier ( 1500 ouvriers TCE) réalisé en 3xhuit heures quotidiennes et pour ma part de 7h à 20h x 6j (je dois dire qu’en plus du contrôle des travaux d’une dizaine d’équipes de corps d’état secondaires, je calculais avec une Facit à  manivelle les ventilations d’heures affectées aux taches prévisionnelles du gros oeuvre, d’autant que certains faisaient jusqu’à 370h par mois !, ce travail servait au contrôle des prévisions du chantier, mais aussi au calcul des coûts des futures offres de prix

 

J’ai pu apprendre au contact des ingénieurs du chantier le pilotage et la coordination des taches complexes à l’aide d’un planning PERT.

 

Cette solide formation technique, mais aussi riche de relations humaines, s’est poursuivie dans une autre entreprise après la construction d’un deuxième grand chantier SAE que fut l’hôpital intercommunal de Fréjus-Saint Raphaël où un millier d’ouvriers oeuvraient, j’avais ici, la grande fierté d’avoir été promus adjoint au conducteur de travaux, le Directeur étant le N° 1, j’avais la responsabilité de l’ensemble des sous-traitants au nombre de 600 pendant un an et demi. Mes connaissances en matière de passations de marchés et de discussions du « bout de gras », gestion des approvisionnements et situations de leurs travaux par spécialité, ont présidé à ma formation, je ne pouvais plus m’arrêter .. c’était trop stimulant.

 

Je poursuivais ma formation sur 2 autres grands chantiers de 1500 logts en qualité de conducteur de travaux.

 

Je quittais l’entreprise pour entrer chez Chaufour-Dumez un ténor français du BTP, mais rodé à l’international avec de très grands chantiers d’autoroutes, ponts, barrages, villes nouvelles. Je choisis de rester à Nice avec ma famille, .. déjà en cours d’évolution.

 

Chez Dumez le conducteur de travaux devait «sortir» ou gagner son futur chantier, tant en discussions préalables avec les promoteurs que par les études de prix que j’avais appris à dérouler en sous détails, déboursés secs, étude détaillée jusqu’à la moindre consommation des quincailleries et coffrages, huiles etc .., 

C’est aussi à cette époque là que je me rodais aux bienfaits de la série centrale des prix de l’architecture… (édition de 1969) Je me suis largement inspiré de cette série de prix par ces principes, lors des créations de nos futures bases de données.

 

La récession dans la masse des opérations sur le sol français me value un licenciement début 77 avec la possibilité non exploitée de m’expatrier en Arabie Saoudite.

L’effet du choc pétrolier de 74 encore actif m’a conduit à mes premiers mois de chômage

 

L’activité libérale … le métreur

 

Mi sept 77 je m’inscrivais à la chambre de commerce soulagé de me débarrasser des ficelles de l’ANPE, merci à cet organisme, mais voler seul est plus enivrant.

Le bureau fut installé sommairement dans ma villa inachevée, comme beaucoup d’entre nous libéraux en herbe. Cette démarche me conduisit à l’inscription et participation à la Chambre syndicale Départementale.

 

Par ma prospection en lettres d’offres de services, en commençant par les syndics, j’ai appris à soutenir parfois le mensonge devant les copropriétaires démunis. Cette expérience m’a servi car débusquer le mensonge a été mon cheval de bataille d’AMO dès 1981, très apprécié un peu plus tard par mes Maîtres d’ouvrages, justement lors des mises au point de grands projets avec les entreprises générales en conception-réalisation, avant la MOP – les représentants du MO, alors que je demandais dans ces grandes réunions, la parole après avoir écouté l’entreprise et l’architecte défendre mordicus leurs promesses, me disaient quelque chose comme « à vous dellapina » c’est dans ces moments face à l’entreprise épaulée par ses ingénieurs spécialistes qu’il fallait pouvoir contrer efficacement, je louais dans ces occasions, ma formation pratique et mon parcours essoufflant, mais salvateur – C’est bien ce qui a consolidé ma position d’AMO polyvalent dans le récit qui va suivre, dont les honneurs ont également été partagés en Régions avec toute la profession grâce à cette fonction nouvelle renforcée … (84/85 pour les débuts AMO).

 

Une opération sur Nice avec la caisse de retraite des notaires m’ayant fait largement connaître au sein des autres caisses, j’héritais deux ans plus tard, d’une seconde luxueuse résidence pieds dans l’eau à Saint Jean Cap-Ferrat le DELCLOY, puis juste à coté la réhabilitation de l’hôtel 4* luxe BELFORT ( propagation d’ondes bénéfiques), prouesse des délais de réalisation compte tenu de la masse des travaux et de 5 niveaux de planchers entièrement remplacés, mais de techniques aussi car à réaliser en 4 mois, nuits seulement partielles comprises (car on ne fait pas ce que l’on veut sur Saint Jean Cap-Ferrat). Notre bureau était coordinateur, dure tâche, mais de bonnes entreprises retenues sur un autre critère que le prix  ont accompli le miracle. Mission accomplie 4 mois pile.

 

Mais aussi, au long de ces missions de démarrage, j’ai reçu le recours de petits artisans parfois en guerre contre un promoteur. J’aidais à résoudre les conflits et leurs finances.

 

A l’occasion de la création du centre Nice-Etoile, grand centre commercial en centre ville, les promoteurs se sont engagés dans une démarche bien compréhensible de l’établissement judiciaire d’un état des lieux complet de la centaine d’immeubles environnants. J’ai eu l’honneur d’être désigné comme sapiteur réalisateur de l’état des lieux complet en un mois.

 

Puis dans ce démarrage encore, je travaillais avec qq. promoteurs privés, sans bénéficier d’un bon circuit et tant mieux car j’ai été littéralement accaparé à cette époque ( ~1980) par la Direction des  services des hôpitaux niçois, lesquels avaient eux aussi reçus mon courrier – je venais d’établir les lots architectes du nouvel hôpital de Menton la Palmosa cette référence à bien entendu conforté les Hôpitaux  niçois.

 

 J’ai pu enfin donner ma pleine mesure avec quasiment carte blanche (métreur chef d’orchestre !, Ça doit faire rêver de nos jours), pour l’ensemble des réhabilitations de services au rythme d’un nouveau plateau par mois (~2000 à 4000 m² ), j’en ai reçu ~30 avec qq autres missions de Direction de travaux. J’avais beaucoup de travail !, avec la Direction des conceptions, responsables des ingénieurs intervenants en sous-traitance, structure, électricité, réseaux hydrauliques, livraison de plans spécifiquement annotés pour faciliter les repérages propres à la réalisation de ces restructurations lourdes (un système de légendes en croix de Saint André que seul un métreur peut savoir imaginer à force de voir des erreurs commises par faute d’incompréhension des plans ). Je recevais sans mise en concurrence les nouvelles demandes, un devis détaillé toujours raisonnable et en dessous des services rendus (apparemment) suffisait à l’administration. J’ai décidé d’abandonner ce lient face aux débuts de la concurrence des gros bureaux d’études qui venait de découvrir ce créneau (~1985).

 

J’ai cheminé ensuite quasiment sans jamais être mis en concurrence avec les plus grands Maîtres d’ouvrages publics, ces dispositions sont toujours venues de leur part, jusqu’en 2007 moment de mettre à exécution mes droits à la retraite.

La clé à toujours été l’innovation dans les fonctions et le sérieux dans l’exécution.

 

Après une formation modeste en faculté de développements informatiques, passionné, je décidais d’associer un informaticien à mon bureau pour développer des automatismes inexistants dans la construction. 

 

Mes sujets technico-informatiques, après avoir remis à un expert comptable le fruit de ses rêves automatisés ( 180 BS pour toutes les corporations à cotisations très variables ) qui marchaient à merveille, étaient le traitement des situations de travaux pour de grands chantiers où l’on comptait jusqu’à 30 corps d’état dans une époque complexe avec deux TVA suite à une augmentation, les révisions de prix phénoménales de l’ordre de 1,5% mensuels, remboursements d’avances ou acomptes avec les taux variables de TVA .. j’ai piloté jusqu’à 15 gros chantiers de la côte simultanément.

 

Puis vint ou simultanément plutôt (1981), un autre développement que je m’étais promis, le traitement automatisé de descriptifs et cahier des charges ( CCTP, CCAP et CCAG et DQE non encore automatisé ), ce fut un réel succès, tant en cession aux confrères qu’en formation auprès des administrations également.

 

Ont suivi après ce rodage, les PV de chantiers ou pour toute  opération longue comportant des besoins de mémorisation d’informations par intervenant avec recherche automatisée dans le temps du chantier ou de ses contentieux … Google nous a battu depuis avec ses moteurs de recherches.. mais nous étions là avec un spécifique en 1983.

 

L’AMO .. et l’informatique

 

L’UNTEC aura été mon fil conducteur, mon tuteur, je pense toutefois avoir contribué à la profession et à ma façon dans l’ensemble des étapes franchies, plus par mon coté technique et par la nature des missions d’AMO que je décrochais en portant le flambeau de la profession, bien plus que par le côté du syndicaliste.

J’aurais finalement été un syndicaliste peu actif malgré ma participation à de nombreuses commissions pendant une dizaine d’années ( 88 à 98) en Régions ou à Paris à l’inoubliable rue Percier pour l’UNTEC et au Bd de la Tour-Maubourg dans l’immeuble cossu de l’OPQTECC. C’est bien dans ce bureau que nous avons décidé de créer la qualification « AMO », j’accomplissais déjà des missions de préparation de concours d’architecture, je fus l’un des deux premiers qualifiés AMO, s’il fallait en faire une compétition. Jean-Pierre Tohier m’avait mis le pied à l’étrier en me m’étant en relation avec la SCIC qui devint SCIC/AMO séduite à l’époque par ce terme appliqué sur mes en-tête (84/85) .. La SCIC avait délégué la Directrice de son service informatique jusqu’à mon petit bureau de Saint Pancrace sur les hauteurs de Nice pour assister à une démonstration de déroulement des situations automatiques de travaux .. et d’analyse concours automatisée, La SCIC était convaincue de la compétence des Economistes anciennement métreurs-Vérificateur.

 

Ce premier concours dont j’ai eu le plaisir de compléter la programmation ( les programmistes n’étaient pas encore reconnus !), c’était un lycée géré par la SCIC pour la Région « Réunion ». je préparais et suivais en qq années 14 autres lycées et universités ou équipements culturels à Saint Denis et sur toute l’île pour le compte de la Région, .. C’était parti pour mon plus grand plaisir.

 

Fort de ces références je démarrais aussi une collaboration avec les services Départementaux et les Régions Martinique et Guadeloupe, en plus de vingt ans de collaboration avec les services, J’ai participé à une trentaine de projets concours de plusieurs natures de constructions, palais de justice, théâtre, équipements sportifs et les premiers grands parkings souterrains, mais aussi au développement de référentiels de construction propres aux particularités de ces îles, ainsi qu'une étude menée avec mon bureau portant sur les disparités économiques entre la Métropole et ces Iles. Cette étude value aux Présidents de Région et du Conseil Général une conséquente augmentation de leurs subventions par la Métropole qui durent encore de nos jours.

 

Lors de cette étude tous les paramètres pouvant influer ont été étudiés, il est ressorti de mémoire, un surcoût des réalisations de 53% de plus qu’en Métropole. Bien entendu l’objet de l’étude a été pour le Président de Région et le Département associé, de décrocher de nouvelles subventions rehaussées. Notre bureau à été plébiscité par l’administration. Nous avons hérité de l’ensemble des projets au stade des diagnostics quand il s’agissait de réhabilitation et de préparation et organisation des concours pour les opérations neuves.

Les économistes ont pu se tailler à l'outremer une reconnaissance dans l’acte de bâtir.

 

C’est ainsi que je pouvais quitter les batailles d’offres citées plus haut qui s’engageaient désormais avec les hôpitaux niçois, sans regret, car une nouvelle dimension s’ouvrait à mon bureau.

Par ailleurs le travail étant toujours porteur, le patron d’un grand bureau d’études niçois qui venait d’acquérir et admirait notre logiciel CCTP et SITRAV ( situations de travaux), après nous avoir envoyé ses collaborateurs à tour de rôle en formation,  proposa mes services à la Direction des services techniques du conseil Général du 06. J’ai eu la faveur de préparer tous leurs concours d’architectes pendant plusieurs années ainsi que de promouvoir le premier collège HQE à Saint Etienne de Tinée, je venais d’écrire le premier référentiel propres aux concours d’architectures. Le service me confia encore le programme de diagnostics de l’ensemble des collèges et équipements sportifs du Département (110 environ).

 

Chemin faisant .. avec la stimulation de la commission informatique UNTEC ( ~1986 et plus ) à la rue Percier, je renforçais mon envie de développements, sans doute au détriment des recherches d’affaires que je laissais arriver toutes seules. Mon deuxième sous-traitant Aimé Pomero s’installait dans mon bureau, Monique Paillard, première sous-traitante.

 

Devenu enragé par la poursuite des développements en cours, le logiciel d’estimation des projets dans les étapes différentes de programmation à l’avant-projet, était rapidement mis sur pieds ce qui  ouvrait des perspectives aux traitements des préparations et analyses de concours d’architecture .. Idée germée après ma première expérience sur un groupe scolaire du Cannet en 1983, « tout fait main » était bien, mais méritait un rendu plus fiable et plus rapide pour les maîtres d’ouvrages et les concurrents également, une analyse complète rendue en synoptique avec de quoi engranger des statistiques sérieuses en arrière plan pour les études de faisabilités. Ces études de faisabilités, dont tout Maître d’Ouvrage ne pouvait plus se passer avant d’entrer dans le détail des programmations fonctionnelles, seront engagées par des quantités clés lors des étapes suivantes (Toute une histoire en tandem avec le cabinet Menighetti programmation, des centaines de projets-programmes pour les ministères, Régions et Département où nos cahiers des charges imposaient l’obligation pour les architectes de contracter avec des économistes indépendants qualifiés AMO et EI., J’ai longtemps et souvent écrit cette obligation dans les règlements de consultation. Ces obligations messagères conduisant à des résultats probants pour les Maîtres d’ouvrages se répandirent en qq années à tous les concours, mais pas seulement …) .

 

Mon confrère et ami Pomero a donc tout naturellement été chargé dans un premier temps du recueil d’une liste systématique des ouvrages empruntée à la méthode rouge de l’UNTEC, puis adaptée et complétée pour notre usage, enfin raccordée à un système informatique laborieux et ingénieux car notre fichier a compté 4600 articles codifiés que nous sélectionnions par groupe pour soumettre une liste de matériaux à compléter par chaque concurrent pour les concours … remis sur disquettes 5 pouces, plus tard sur CDRom, dans le règlement, cette organisation à travers les moyens de l’époque et le degré d’acceptation des partenaires était une prouesse dès 1985.

 

Nos 4600 articles selon liste systématique ont été raccordés à cette notion de coût global automatisée de façon indispensable du fait même du nombre de calculs et mises en tableaux synoptiques à soumettre aux services des maîtres d’ouvrages (pour preuve de qualité de chaque projet). A cette époque j’ai commencé à organiser des formations sur le coût global à des techniciens des administrations et même en Martinique. Bien entendu, outre le grand plaisir procuré nous avons laissé une véritable empreinte profitable pour notre bureau, mais aussi pour les confrères qui ont pu suivre ce mouvement. J’ai entrepris avec la joie que vous pouvez imaginer des formations sur le sujet avec des confrères en Régions ou à notre bureau de Cannes dès 1989. C’est à partir de ces nouveautés que les Antillais m’ont écoutées avec beaucoup d’attention, et sur mes dires le Président  Claude Lise nous a commandé un référentiel spécifique TCE aux constructions sur les Antilles. Ces mesures ont rejoint notre référentiel de la qualité ( HQE ) applicable dans d’autres mesures à la Métropole.

 

Je peux dire sans prétention, que les travaux de notre bureau ont ici poussé à une franche et meilleure considération des économistes au point de faire un peu d’ombre aux deux autres partenaires de l’acte de bâtir, je me sentais déjà un peu plus à l’aise dans nos relations.

Etre considéré et écouté en qualité de conseil est une satisfaction sinon une finalité.

 

La propagation de cette méthode de calculs d’estimations prévisionnelles (Esticoût chez SETI, Estima chez SESIA ), ne faisait aucun doute pour les donneurs d’ouvrages. La juxtaposition de la notion de coût global dès 1985 à l’estimation traditionnelle à été très bien accueilli ( d’ailleurs pour le même prix ! les calculs étant automatisés à qq spécificités prés et engagés grâce aux reports fait par les concurrents ). Les clients ont été extrêmement attentifs à ces nouveaux critères technico-économiques en termes de choix des projets Lauréats. Il n’en a pas été de même de la part d’une grande partie des concurrents qui rejetaient au début la méthode en refusant de répondre sur nos supports …. J’ai passé les années 85 à 92 à rabâcher les principes de modernités qui permettaient d’obtenir une meilleure vision du véritable coût de chaque opération lauréate !!

C’est l’appui inconditionnel de chaque maître d’ouvrage concerné qui a permis de vaincre cette barrière.

 

C’était enfin un fait entendu et nous avons pu engager, assister la programmation fonctionnelle, imposer notre profession et cette méthode sur plus de 400 concours d’envergure passés entre les  mains de notre bureau sur toute la France à travers Ministères justice, culture, santé, sports etc .. et bien entendu pour les Régions, SEM, DDE, les lycées, universités, écoles spéciales, ouvrages spéciaux, cyclotron, mais encore les grands PK en sous-sol etc. ou des projets avec les plus grands architectes français, le Lycée ITER où j’ai eu le plaisir de connaître et de forger une relation avec Rudy Riccciotti ou le grand auditorium d’AIX et bien d’autres avec des architectes internationaux.

 

Ouvrages de prestiges pour les grandes villes de France, nouvelles Mairies, Médiathèques, stade nautiques, Théâtres, projets urbains Métros, etc , aménagements pour les gares SNCF, l’observatoire de Nice et bien d’autres encore.

Entraîné par Menighetti programmation, notre bureau a pu intervenir sur Clermont Ferrand pour la réhabilitation du palais de justice, les universités puis … rencontre exceptionnelle sur le nouveau lycée de Clermont en 1990 pour laquelle nous avons lancé la programmation et le concours façon AMO moderne. J’ai eu le plaisir «angoissé» de présenter cette analyse devant le Président Valerie-Giscard d’Estaing que l’on a vu arriver en retard dans la salle (ce qui est normal pour un grand de ce monde), l’assistance ne comportait pas moins de cinq politiques du gouvernement, dont Pierre Méhaignerie. Après notre repas et félicitations du jury pour notre travail d’équipe, VGE à l’issue de la délibération a demandé à faire venir le candidat Christian Hauvette. C’est très ému et réservé que celui-ci  a reçu la décision de ce jury, il venait d’être déclaré Lauréat de ce superbe projet voulu par le Président de la République !. Christian Hauvette, grand prix d’architecture, malheureusement disparu depuis, pleurait en prononçant qq. mots … j’ai aujourd’hui seulement, fini par apprendre que seuls les hommes exceptionnels peuvent pleurer.

 

La QEB dans la construction et les projets

 

J’aurais pu arrêter là mes dépenses d’énergies et me laisser vivre sur ces acquis,

Mais je fus dans les années 94/95 coopté par Gilles Olive animateur énergique de la mission interministérielle de la qualité des constructions. Cet atelier de réflexion constitué qui a compté une quinzaine de bureaux d’études de tous domaines en France, (dont deux femmes architectes de Toulouse), se réunissait à Paris et a été imaginé au sortir du sommet de la terre en 1992,  sur les nouvelles contraintes issues du protocole rédigé à RIO permettant de concrétiser les accords de KYOTO de 1997.

 

Nous avons planché sur les « fameuses » 52 cibles de la qualité environnementale et leurs définitions en vue d’une écriture d’un référentiel destiné à imposer des mesures à toutes les nouvelles constructions publiques françaises. J’ai eu la joie et l’honneur .. ! D’écrire plusieurs référentiels éclatés dans chaque corps d’Etat ou fonctions organique, avec le concours d’ingénieurs spécialistes, mon bureau s’étant à nouveau étoffé d’associés entre temps. Très engagé dans les pré-projets, la programmation fonctionnelle aux cotés de Jean-Claude Menighetti, que je considère être le père de la programmation fonctionnelle et urbaine moderne en France ( nous lui devons une sacrée avancée en termes d’organisation et de reconnaissance même de notre métier, depuis les premières villes nouvelles de Cergy-Pontoise ou de Marne la vallée etc ( il y en a eu 5). En effet, accompagné de sa force de persuasion nous avons rabâché aux plus hautes instances nationales ( Ministères mais aussi aux Présidences de Régions et Départements, JC Men, avait des entrées dans ces endroits privilégiés),  d’avoir à intégrer un économiste qualifié dans tous les concours, ce qui n’était pas le cas auparavant, et ce à toutes les étapes des projets et des réalisations.

Ce bon précepte à fait son chemin sans bruit sur nos exemples et résultats que nous offrions à chaque opération, en qq. années ne l’oublions pas).

 

Avant de quitter la QEB et l’équipe de Gilles Olive j’organisais avec son concours une visio conférence entre le Département Martinique et le service de France Télécom de Sophia seul équipé pour ce faire dans le secteur (Internet balbutiant 1996). Une trentaine de participants de notre coté et autant coté Ford de France, avec le Président du département Claude Lise, les Directions des services et mes interlocuteurs habituels .. ayant raccordé le décalage horaire ce qui n’est jamais simple à cadrer pour tous à la fois, j’ai pu expliquer avec l’intervention préalable de Gilles, tout l’intérêt de la démarche et des meilleurs effets qu’elle devait avoir sur la conception moderne et respectueuse de l’environnement mais aussi des usagers et utilisateurs.

La réussite de cet exercice hors normes pour l’époque, nous a encrés pour longtemps.

 

J’ai remis au siège de l’UNTEC la suite de cette représentation à poursuivre au sein de la QEB pour les années suivantes, je ne suis pas certain que mon successeur ait ressenti le véritable enjeu pour la profession, je n’en ai plus entendu parler, mais le nouveau hotspot de la construction était lancée comme l’a souhaité le patron, Gilles Olive. Les plus grands donneurs d’ouvrages ont bientôt souscrit à cette démarche qui s’est étendue comme l’air du temps à toutes commercialisations confondues au risque de galvauder passablement cet état d’esprit, qu’il ne convenait pas d’appliquer à des fins  commerciales à toute chose.

J’ai contribué grandement à cette valeur nécessaire au monde du bâtiment pour l’avoir ressenti dans mes fibres. Cet engagement à pour moi-même pu compenser mon piètre service syndicaliste dans nos régions.

 

Nous avons bien entendu propagé directement à tous nos clients publics ces réflexions technico-économiques – parallèlement nous engagions des démarches «Qualité» en suivi de travaux sur les plus importantes réalisations, pour autant qu’il y ait une entreprise générale de bon niveau. La Région centre a été la première intéressée par l'expérimentation de cette mission sur le Lycée EG de DURZY (15000m²), Claude Constantini architecte (grand stade de F) et Bouygues réalisateur.

J’ai pu enrichir correctement mon référentiel au vu des réactions de chaque intervenant.

 

Force est de constater que le métier de métreur que je pratiquais au début avait évolué, comme bien entendu d’autres confrères dans des domaines différents, ce métier venait d’évoluer, vers et dans les fonctions de l’économiste AMO que nous sommes devenus en taillant notre place vers ce podium qu’avaient visés nos pères, .. et nous y sommes aujourd’hui. .

 

La QEB à été propagée de partout où nous avons pu le faire, mais sans les moyens du WEB inconnu à cette époque. C’est une fois de plus en Région Centre qu’elle a  été arborée, Louis Jacquand venait de prendre ses fonctions de Directeur des services techniques des lycées ( ~120 ), Les informations remontées à la Présidence et à l’occasion d’un besoin d’un nouveau lycée, nous avons été chargé de programmer un établissement HQE. Au titre de ce nouveau lycée agricole de Bourges. Nous avons pu organiser une équipe pluridisciplinaire de programmation avec qq. bureaux choisis dans l’équipe de Gilles Olive, dont nos deux jeunes femmes architectes.

 

L’informatique au service des gestionnaires de patrimoines

 

Mais après tout ça, je voulais passer à autre chose. L’informatique, bien qu’encore privée du WEB se développait et commençait à offrir de meilleures possibilités de programmations, je développais depuis 1995 des outils pratiques pour exploiter nos statistiques engrangées à partir de toutes ces catégories de la construction avec une persistante manie de tout décortiquer ( nous avions même des églises ! des ponts ! des ouvrages VRD importants ) et j’ai aperçu qq. années plus tard la difficulté des services des patrimoines des administrations avec leurs marchés récurrents à bons de commandes. Je décidais d’apporter une idée, une solution, enfin sans doute.

 

Avec l’aide de plusieurs jeunes collaborateurs venus du BTS Antibes, lycée que je venais par ailleurs de rénover avec la Région, faisant souvent partie du jury d’examen pour ce bahut, et sollicité à la sortie des élèves pour des embauches, mon bureau a pu s’enrichir à partir de  1990, d’un à deux de ces excellents techniciens. Suite à mon premier divorce, je réinstallais des bureaux sur Cannes, une belle surface de 260 m² sur un seul plateau à organiser comme je l’imaginais.

Nous avons eu jusqu’à 5 BTS simultanément du lycée Léonard de Vinci d’Antibes, ce sont eux qui lors de nos missions de diagnostics poursuivies pendant plusieurs années avec les Régions pour plusieurs centaines de lycées ou équipements culturels et universités, ont parcouru les milliers de m² – les Régions et certains Départements nous confiaient tout leur patrimoine à visiter d’un coup ( entre 100 et 250 établissements pouvant comporter jusqu’à 10 bâtiments chacun ), à diagnostiquer et chiffrer, ainsi que certaines grandes villes et universités même lointaines ( il a fallu développer un sens considérable de l’organisation pour parvenir dans des temps compatibles et aboutir aux résultats). La plupart de ces clients que nous ne connaissions pas nous appelaient suite à des concertations entre services issues de stages et formations. Les présences aux stands des diverses manifestations professionnelles, salons des Maires à Paris ou en Régions pour les ingénieurs territoriaux en sont des exemples et comptaient dans l’effet marketing de notre bureau.

 

En ayant élaboré une méthodologie efficace nous allions vite, les associés spécialistes du bureau oeuvraient simultanément sur les mêmes établissements que les généralistes, les statistiques préparées et raccordées à des coefficients correcteurs, nous permettaient de donner rapidement des résultats fiables pour la nature des travaux à envisager et les évaluations, notre collaboratrice Christine Novain imbattable, se chargeait de la mise en partition toujours avec succès. Nos clients revenaient à nos services très souvent pour des extensions de missions.

 

Pour poursuivre par des faits marquants tant pour mon l’histoire que pour la profession, l’UNSA ( Nice 400 bâts) nous a confiés la charge de programmer en faisabilité technique, la remise à niveau globale des 5 sites universitaires avec mises en conformités réglementaires – la méthode préparatoire nous a permis d’inviter les bureaux de contrôles à des examens sur nos propres constatations qu’ils ont approuvées. Ce travail a reçu les éloges personnels de la Présidente Madame Geneviève Gourdet à l’époque ( Plan univ. 2000, l’objectif étant de pouvoir obtenir par démonstration les meilleures subventions du ministère ), laquelle a eu le déblocage sans condition de sa subvention par le Ministère, nous avons laissé une trace durable de notre métier et de nos valeurs, chacun doit ainsi transmettre le flambeau et apporter sa pierre, au métier, à l’UNTEC et à soi-même.

 

Une dernière affaire notable sur les diagnostics, voyons surtout le plan des honneurs rendus. Mise en concurrence, réglementaire par la ville de Nice voulant tabler sur un échantillon de 70 bâtiments représentatifs des 700 qu’elle souhaitait budgéter en termes de réhabilitation et mises aux normes ( en 2000). Des bureaux techniques ont répondu, nous étions à 25% sous le second. Notre travail astucieux et coordonné par notre seul bureau, sauf un bureau de contrôle qui nous assistait pour les mises en conformités, a été réalisé en moins de deux mois. L’usage de nos statistiques en la matière a démontré cette efficacité devant l’audience d’une trentaine d’ingénieurs, techniciens, administratifs et Directeurs financiers de la ville. J’avoue que sans le concours de mon assistante Christine, mathématicienne de formation dont elle garda l’esprit, je n’aurais su jongler avec les tableurs programmés et truffés de liens disposés dans une arborescence du patrimoine, nature de construction etc .., comme elle a su le faire, car nous avons eu de nombreuses questions de plus dans la salle. Outre les félicitations de l’assistance, j’ai reçu un mot de remerciement du Maire Christian Estrosi, mais le plus fort a été la question du Directeur général des services curieux de savoir si nous pensions avoir gagné notre vie avec ce travail ! j’ai répondu simplement que oui, très bien et que nous étions près à recommencer, et que nous attendons déjà avec impatience la lettre de commande !

 

La différence du coût provient ( ce n’est pas révolu, c’est toujours d’actualité ) effectivement du fait de ne pas avoir recours à des spécialistes à honoraires et délais variables pour ce genre de prestations. Il faut nécessairement coordonner le groupe avec des pertes de temps considérables de liaisons, reports discussions, l’avantage de notre recours à l’informatique spécifique à fait le reste.

 

Un métreur expérimenté est un généraliste accompli et pour peu qu’il veuille se documenter et progresser dans les technologies spécialisées, il devient le chef d’orchestre qui saura juste au moment nécessaire trouver le seul bon conseil extérieur pour finaliser ses études. Il est de ce fait, pour des missions techniques et d’AMO en particulier, reconnu le plus compétitif des acteurs du bâtiment. Bien entendu la conception des constructions en équipe de Maîtrise d’œuvre est une toute autre chose et nécessite d’autres dispositions.

 

Parallèlement, notre message porté à travers les donneurs d’ouvrages sur la démarche qualité faisait son chemin, laquelle était associée à nos expériences en matière de préparation et gestion des concours. La ville de Nice nous confiait bientôt la préparation du projet-programme de la nouvelle Mairie (~55000 m²). Nous nous étions adjoint un acteur ( ADDENDA alain Castells) précurseur et spécialisé dans la modélisation des projets sur le plan thermo-dynamique. Cette option germée depuis les années passées avec Gilles Olive à la mission QEB, à reçu toute l’attention des Maîtres d’ouvrages en prise avec des projets importants energivores.

Le moniteur des TP a montré les allures de cette gigantesque construction de Nice, qui ne vit finalement pas le jour malgré deux années de gestation active et coûteuse, contre des attaques politiques de l’opposition.

Nous avons pu toutefois et entre-temps nous activer sur ce beau projet concours jusqu’au Lauréat et sa mise au point, avec ce groupement constitué dont nous étions également mandataire sur bien d’autres projets, des Mairies essentiellement, car celles-ci pouvaient souhaiter pour des raisons politiques être en «avant garde» grâce à ces préceptes environnementaux.

 

C’est encore là, les économistes de la construction qui ont porté dès les premiers frémissements, le flambeau des nouvelles technologies de la construction aux services des décideurs. Notre métier, nos fonctions, ont été superbement mis en valeur. 

 

 

Quel beau métier, en sachant décomposer les taches comme je l’avais si bien appris chez Dumez, j’ai pu tout au long de ma carrière chiffrer précisément un ouvrage, sans en avoir jamais fait de semblable. Pour l’exemple évaluer le démontage pièce par pièce et son remontage ailleurs,  d’un bâtiment exceptionnel classé aux MH ( un peu comme le temple d’Abou Simbel ), ou chiffrer un pont neuf, des galeries de reconnaissance d’autoroutes, des réservoirs enterrés pour la Cie des eaux etc …nous savons incontestablement tout évaluer avec réalisme, ce n’est de nos jours plus contesté.

 

Les marchés à bons de commandes et l’informatique en deux volets

 

Je terminerais le mémoire de ce parcours guidé par notre captivant métier avec la création d’une solution de traitement des marchés à bons de commandes. En rappel, il était fait obligation à tous les donneurs d’ouvrages publics d’avoir recours à ce type de marché bien réglementés et l’usage de l’art. 71 du CMP devait être appliqué.

 

C’est avec nos jeunes BTS que nous avons démarrés.  Nous avons pu développer  cette idée germée au contact de nos partenaires de l’administration et créer une considérable base de données afin d’automatiser les bordereaux. Fort de l’expérience du développement des descriptifs vus en 1980, les marchés à bons de commande associés à une méthode informatisée fonctionneraient sur le principe du montage des lots nécessaires à l’entretien particulier à chaque opération. Le WEB n’existait pas encore en 1996 lorsque, grâce à la ville de Nice, nous avons pu lancer le premier marché à bons de commande informatisé.

L’idée qui rend le service .. :

Les politiques souhaitant attirer le maximum d’entreprises et l’ampleur géographique aidant, nous avons proposé aux services de découper la ville en secteurs géographiques. Nous avons effectué ce découpage et établi une carte codifiée. On pouvait alors placer 20 lots identiques dans chacun des 7 secteurs équilibrés en volume d’affaires prévisionnelles contenues.

 

Le volet I Préparation et passation des marchés  ( MABOCO I ®)

 

300 entreprises ont demandé le dossier et ont répondu sur ce marché nçois. Nous avons réussi grâce à Jean, fidèle ami informaticien toujours là 18 ans plus tard et passionné pour nous aider, à développer un logiciel (MABOCO ®) en qq. journées dans sa première version, mais appuyée sur nos expériences, ainsi qu’à  la présence de ma collaboratrice, acrobate de la manipulation délicate, pouvant traiter, le montage des lots par secteur, la préparation des disquettes 5 pouces ( 300 vérifiées ) et en retour la lecture et la mise automatique en tableaux synoptiques des résultats des offres. Une commande « type » permettait de simuler des coûts comparatifs afin de faire apparaître les véritables moins-disants (les entreprises ne connaissaient pas les lignes de bordereaux attribuées aux quantités clés, les connaissant il y aurait eu des reports sur d’autres PU). Ces calculs s’effectuaient en une demi-journée, le plus long étant la manipulation des disquettes ce que nous avons résolu ultérieurement pour de plus grandes opérations. La ville acheta la base de données et la méthode après cette expérience, de façon à disposer de la liberté d’exécuter 4 ans plus tard leurs propres marchés.

Notre base de données comportait alors 3600 articles, mais il fallait augmenter leur nombre que nous avons fini par porter à 35000* codifiés, chiffrés, et quantifié virtuellement pour établir les commandes types lors des analyses, assorties de statistiques pour pointer le plus grand usage de certains matériaux pendent les entretiens ultérieurs (et d’en connaître les coûts).              *compris les lots d’intervenants prestataires intellectuels et le lot cuisiniste.

 

Nous avons réalisé une trentaine d’opérations de ce type pour diverses administrations, villes, conseils généraux dont le plus grand d’entre eux le Dep 59 ( plus de 200 collèges et autres bâtiments qui en dépendent, ce qui a représenté une opération captivante ajoutée aux choucroutes terriblement garnies consommées au centre ville de Lille avec les Directions, beau passage ), mais encore les SDIS, de grandes villes, Bordeaux, Toulouse etc … des SEM et Régions Pays de la Loire, Midi Pyrénées et la Région PACA laquelle nous fut malheureusement fatale à cause d’une volonté excessive et déraisonnable d’un responsable nouveau, lequel souhaitait tout, de suite, dans un marché inadapté qui le dépassait par ailleurs, aller trop vite dans l’ajout que nous ne devions pas, des options informatiques dont il venait de rêver la nuit précédente. Il ne comprenait pas que les développements informatiques nécessitent des temps de tests avant d’évoluer et d’ajouter de nouvelles écritures. Je me contenterais ici d’expliquer la technique mise au point pour traiter et gérer les 200 établissements lycées de la Région pendant quatre ans, sans m’étendre sur cet écueil qui fut le seul de ma carrière et à l’origine d la chute de notre bureau.

 

Voici les principes qui nous ont valu une file d’attente de plusieurs grands gestionnaires de patrimoines, ne pouvant les servir simultanément à notre trop gourmande Région PACA. Puis le besoin de me retirer un peu fatigué en retraite à mis fin à cette carrière officiellement en 2007, officieusement vers 2011 le temps de régler le bouclage des affaires en cours, dommage ce produit très complexe dans les coulisses et pour cause non reproduit aujourd’hui fait défaut me semble-il.

 

Le besoin pour la Région PACA

 

Notre proposition à l’administration convaincue par la solution était la suivante :

La Région disposait de 185 lycées dont le patrimoine nécessitait des réparations permanente. La gestion des budgets était impossible à prévoir. Les responsables des travaux éparpillés en Région ne pouvaient  se coordonner, le déclenchement des commandes circulait lentement, les erreurs et inflations qui en résultaient représentaient un gâchis financier. Plusieurs marchés différents d’un département à un autre rendaient impossible toute statistique fiable et progression économique salutaire.

 

Notre proposition a été de faire un marché unique en début d’année civile (2004) pour toute la Région, avec un découpage géographique homogène, un équilibrage financier par une bonne mesure financière liée à l’importance des opérations  en définissant des secteurs géographiques comportant chacun d’entre eux 20 établissements. Une cartographie de 20 secteurs aussi éclairait les services gestionnaires

( des liens sur une carte ainsi découpée permettront plus tard d’entrer à partir du bureau de chacun, dans le secteur, puis un établissement, puis un de ses bâtiments sur le plan de masse, puis dans une classe ou une salle pour connaître la nature des matériaux en place afin de pouvoir discuter des programmes de travaux avec les proviseurs ou leurs chefs. Nous profitions des fiches de typologies émises par la programmation fonctionnelle pour matérialiser tout ceci ; le travail préparatoire est considérable, mais offre à terme une connaissance parfaite de chaque établissement, dans le cas contraire les décideurs doivent déclencher souvent des diagnostics/états des lieux inutilement pour connaître ces infos.).

 

Notre base de données de 35000 art. a permis d’exécuter le montage des lots en présence de 20 responsables des lycées déjà existants. Nous leur avons proposé à travers une projection connectée à notre logiciel et BD vingt lots déjà préparés, le remplissage des chapitres et postes s’est exécuté en temps réel grâce au choix que ces personnes pouvaient nous désigner.

A l’issue, après validation et correction parfois, nous avons préparé 20 disquettes verrouillées que l’AREA a remis à un « tireur de plans, comme nous les connaissions lors de nos appels d’offres traditionnels. Celui-là, sur AIX était avancé et a pu se charger de ce travail délicat,  pouvant supporter des réclamations d’entreprises suite aux reproductions et sélections de lots. 

Il y eut environ 600 entreprises qui retirèrent cette consultation. Les marchés à bons de commandes sont de réelles bonnes affaires pour les entreprises et nous avons eu, compte tenu de la possibilité de répondre à plusieurs lots pour chacune d’entre-elles, 1600 offres/lot  rendues ! Avec les dossiers et références nous avons eu beaucoup de papier à consulter malgré une organisation pour identifier et filtrer les valeurs techniques.

 

Notre exceptionnelle collaboratrice Christine, a suivi la lecture et la mise en tableaux synoptique automatisée de l’ensemble de ces offres.

 

Chaque disquette enfilée dans le PC permettait au programme développé par Jean, le calcul à travers la commande type qui sélectionnait finalement avec d’autres critères l’entreprise la mieux disant par lot et secteur géographique. Un gigantesque tableau synoptique édité en A3 couleur matérialisait les résultats pour la plus grande satisfaction des décideurs politiques, mais aussi des services techniques. Ce travail exceptionnel d’analyse des 1600 offres et rendu en trois semaines, vérifications comprises, a été  projeté dans l’hémicycle à la stupéfaction des élus, nous avons reçu les chaleureuses félicitations de la Présidente, ce qui est à mon sens déjà une partie de notre salaire ( Un bureau d’économistes autant mis en valeur que la profession ).

 

Le volet II Gestion des marchés pendant 4 ans  (MABOCO II ® )

 

La partie la plus vivante allait venir, puisque l’ensemble de ces 400 marchés conclus a été transféré, toujours grâce à mon incomparable et inséparable Jean, en vue du traitement des commandes sur le WEB. Notre bureau actif dans le domaine informatique disposait de 2002 à 2005 de trois informaticiens nouvelle génération WEB, nous écrivions depuis qq. temps la version Internet de notre logiciel MABOCO II®, laquelle apportait :

La mise en communication de l’ensemble des 800 acteurs autour des marchés avec des droits d’accès variables selon leurs hiérarchies, avec obligation de visas selon l’importance de la commande en cours, la commande démarrait du chef des travaux, passait par le WEB à l’ingénieur responsable du secteur géographique, qui transférait la demande de devis à ou aux entreprises touchées par le sujet, la ou lesquelles entreprises établissaient leurs devis sur leur PC, le vérifiaient et le mettaient en ligne. Le responsable concerné recevait une notification, se loguait et pouvait dialoguer avec la ou les entreprises, puis déclenchait la commande suivant son importance financière vers l’entreprise avec délai et le service gestion Région qui visait également. A noter que les montants supérieurs nécessitaient le visa de la Direction générale prévenue alors par une notification qui lui était propre.

La comptabilité générale consistait comme du temps de mes bonnes vieilles situations de travaux en 1980, à établir des états financiers TCE par lycée, par secteur et par mois/an Région, mais par entreprise aussi, tout étant en machine.

Pour parachever le principe, toutes les nuits un échange des données s’effectuait entre notre serveur situé chez Mailclub à Marseille et le serveur de la Région. Un équilibrage des entrées sorties s’opérait en comparant l’état des dépenses de la journée et celui des réserves budgétisées. En cas de non-concordance les services Région étaient prévenus par notification pour voter dès le lendemain un approvisionnement budgétaire sur l’établissement concerné.

En outre nous avions proposés une exploitation statistique de chaque utilisation d’articles de réparation de façon à identifier les matériaux qui pouvaient (avant analyse du cas ) se dégrader plus vite que d’autres. Il ne fallait toutefois pas confondre les vétustés des établissements et certains concepts mis en œuvre pouvant être aussi à l’origine de dégradations prématurées.

 

Nous n’avons pu assister au rodage de ce superbe projet pour lequel la durée de notre marché de 4 ans n’a pas été suffisant compte tenu des demandes insatiables de notre responsable projet, les mises en « chantiers » souhaitées par les autres Régions, Pays de la Loire, Picardie, grandes villes etc .. arrivaient à ce terme trop tard pour moi, ayant raté la cession de la société au moment de mon départ à la retraite. Epuisé financièrement par la mauvaise gestion de notre marché AREA/REGION, j’ai dû au cours de celui-ci me séparer de deux informaticiens, puis mettre en qq. sortes la clé sous le paillasson malgré notre potentiel.

Certes la Direction de l’AREA a fait des efforts pour soutenir ce projet qu’il aurait fallu laisser mûrir doucement à défaut de grands moyens que je n’avais pas, mais la désorganisation totale de notre bureau a été fatale. Nous avons laissé tous nos clients dans l’attente, renonçant encore à un contrat de cession de nos bases de données et logiciels MABOCO à une grande société parisienne pour une belle somme et un engagement de plusieurs années de prestations et de maintenance. L’AREA souhaitait disposer de l’exclusivité de notre produit selon une convention qu’elle nous proposait en juillet 2007, nous promettant .. mais laissée sans suite, le DG partait à la retraite !.

Seule, la confiance que je portais à la Région après 20 années de collaboration, soutenue par les promesses de la Direction, non tenues pour un partenariat national (diffusion aux SEM de France, Régions .. de notre compétence « informatique métier » par l’organisation nationale corporative  ), m’a forcé à poursuivre ce marché destructeur jusqu’au bout.

 

Tablier rendu avec regrets

 

Un peu fatigué par toute cette consommation d’énergie depuis mon démarrage de 1977,  déçu par cette dernière trop grande opération pour notre petite structure, au seuil de finir, 30 ans plus tard, ce que je pensais être une belle carrière, mais le cascadeur a loupé son dernier exercice, sa carrière  n’aura pas été couronnée.

J’avoue là que j’étais sorti de notre métier et que ce dernier exercice était de trop. Je venais de lâcher inconsciemment la main que m’a tendue l’UNTEC pendant ces trente années !

 

Maintenant que vous connaissez ma propension pour les choses compliquées, je peux vous avouer que dès 2007, j’ai eu le temps de réaliser en conception et réalisation, créant une entreprise TCE, la maison dont je rêvais en termes de fonctionnalités et de techniques. Un modèle basé sur les principes des constructions Cisterciennes sous tous ses aspects, le nombre d’or y est respecté, les orientations des pièces selon la vie intérieure et la course du soleil, mais encore les préceptes de la qualité environnementale que je n’ai pas manquée d’établir.

 

J’ai pu un temps organiser des présentations documentées à des groupes d’architectes et bureaux d’études techniques de la maison de l’architecture de Cannes, ainsi qu’à nos confrères du 06 entrecoupées de repas sympas au parc des bisons de Thorenc.

 

Je sais que cette biographie aurait dû être plus concise, mais un parcours sinueux de 40 années ne pouvait se traduire en qq lignes, je pense encore que les détails, pour ceux qui auront eu l’envie et le courage de les lire, pourront être de nature à donner des idées aux plus passionnés du métier.

 

Et puisque ce recueil est destiné à être lu après mon départ, je veux souhaiter à tous les jeunes économistes en particulier, une bonne chance pour vos carrières et une longue et brillante vie à l’UNTEC, notre famille.

 

alain dellapina, reconnaissant à l’UNTEC et à tous les confrères dont j’ai appris tant de choses.

 

 

Février 2024